Cette position analyse comment la végétalisation de l’alimentation constitue un levier majeur pour améliorer simultanément la santé humaine, la santé animale, la santé des écosystèmes et la justice sociale, dans une approche “Une Seule Santé – One Health”.
Pour lire la position : Position de l’ONAV sur la place de la végétalisation dans l’alimentation durable
Résumé
Une santé interconnectée
La santé ne peut plus être définie comme un état individuel : elle dépend des systèmes sociaux, économiques, environnementaux et biologiques. L’approche One Health, qui a évolué depuis les Principes de Manhattan (2004) puis la création de l’Alliance quadripartite (OMS, FAO, OMSA, PNUE), propose un cadre intégré pour gérer les crises sanitaires, environnementales et sociales du XXIᵉ siècle.
Alimentation et santé humaine
Une mauvaise alimentation représente désormais la première cause de morbidité mondiale. Une consommation excessive de viande et d’aliments ultra-transformés contribue à l’augmentation des maladies chroniques. Les alimentations à prédominance végétale, riches en fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes, sont associées à une réduction significative de la mortalité et des maladies non transmissibles.
Zoonoses, antibiorésistance et risques sanitaires liés à l’élevage
Plus de 70 % des maladies infectieuses émergentes sont zoonotiques. Les systèmes d’élevage intensif créent des zones de forte transmission et contribuent massivement à l’antibiorésistance, responsable de 5 500 décès par an en France.
Alimentation et environnement
Le système alimentaire représente 24 à 34 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement dues à l’élevage et au changement d’usage des terres. En France, l’alimentation représente 24 % des émissions annuelles. La végétalisation de l’alimentation constitue l’action individuelle la plus efficace pour réduire son empreinte carbone (jusqu’à –1,12 tCO₂eq/an). La perte de biodiversité est également largement due à l’agriculture (49 % des terres habitables). L’élevage occupe 77 % des terres agricoles tout en ne fournissant que 18 % des calories mondiales.
Alimentation, ressources naturelles et justice sociale
Notre système alimentaire contribue à l’épuisement des ressources en eau, à la dégradation des sols, à la déforestation importée, à la surpêche, à la dépendance aux produits importés et à l’aggravation des inégalités internationales. Les pays à faibles et moyens revenus subissent les impacts écologiques et économiques d’un modèle centré sur l’élevage intensif européen (dumping laitier, accaparement des terres, pêche industrielle…).
Végétalisation : jusqu’où aller ?
Les études de modélisation convergent :
- Il n’existe aucun nutriment bloquant qui empêche une réduction importante ou totale de la consommation de viande.
- Les régimes végétariens ou végétaliens bien construits couvrent les besoins en protéines, fer, zinc, iode et vitamine A ; la seule vigilance systématique porte sur la vitamine B12.
- La transition alimentaire nécessite également une réduction du gaspillage, un recours accru à l’agriculture biologique, des pratiques agroécologiques et une relocalisation partielle des systèmes alimentaires.
Le rôle des professionnel·les de santé
Les soignants·es sont des acteurs et actrices clés de la transition alimentaire. Le document propose des outils issus du modèle transthéorique du changement, de l’entretien motivationnel, ainsi que des conseils pratiques, afin d’accompagner les patient·es vers une alimentation plus durable, plus saine et compatible avec les enjeux du One Health.
Tous ces éléments nous montrent l’importance d’élargir notre vision de la santé et de décloisonner les champs d’expertise. Il y a un seul monde, il y a une seule santé.